chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
173 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Eye Of Solitude - Sui Caedere

Chronique

Eye Of Solitude Sui Caedere
Si on m'avait dit il y a quelques années qu'un jour je chroniquerais du doom sur Thrasho je pense que j'aurais bien ri (quoique von et Toto s'y soient eux aussi essayés) et pourtant... Pourtant je me retrouve aujourd'hui à chroniquer le deuxième album d' Eye Of Solitude, « Sui Caedere », sorti il y a peu sur le label lillois Kaotoxin Records. Autant mettre les choses au clair d'entrée de jeu, le doom est sans aucun doute le style de métal que je connais le moins puisque pour ainsi dire je n'en écoute jamais. J'ai bien une fois en passant posé mes oreilles sur un ou deux titres de My Dying Bride, Candlemass, Yearning, Ataraxie ou encore Amorphis et Draconian (en s'éloignant un peu du doom pur et dur) mais aucun ne m'avait réellement donné l'envie de pousser plus loin la découverte du style. Alors peut-être est-ce l'âge, mais il semblerait que cela soit en train de changer... Les choses étant posées, intéressons-nous donc à nos chers Anglais. Tout à commencé pour moi l'an dernier avec une belle claque lors de la découverte par hasard de cette video du titre « At The End » tiré de leur premier effort « The Ghost », tellement beau et puissant. C'est donc avec un brin d'appréhension que je me jette sur « Sui Caedere » dès la mise en bac.

C'est sans surprise que des cri de corbeaux accompagneront les premières secondes de l'opus, assez convenu certes mais toujours efficace pour planter une ambiance sombre et lancer la grande marche funeste de « Sui Caedere ». Le rythme se veut d'entrée de jeu lourd et oppressant comme un mauvais présage pour l'auditeur qui se serait égaré sur ces terres que l'on devine hostiles (la sombre pochette ne laissant aucun doute à ce sujet), l'ambiance générale étant plutôt à la désolation qu'aux jolis champs de coquelicots. Et si le groupe recourt à quelques samples afin d'épaissir cette atmosphère lugubre qui enveloppe l'opus (les corbeaux de « Awoken By Crows », le début de « Strigoi », les voix chuchotées dérangeantes de « A Note To Say Farewell » ou « Depth Of A Sick Mind ») c'est avant tout la musique elle-même qui tisse ce maillage désenchanté ambiant. Guitares saturées grondantes, basse menaçante et nappes de clavier se fondent en une masse musicale nébuleuse, rampante, mouvante, illuminée de leads décidant de l'ombre ou de la lumière. Omniprésents, ces derniers lorsqu'ils ne se parent pas d'accents gothiques (« Depths Of A Sick Mind », « Yet I Breathe ») revêtent un aspect plus envoûtant (« The Haunting », « A Note To Say Farewell », « Those Who Don't Return ») voire lumineux (« Performed In Graphic Pain » avec ce break superbe à 2'19 avant de s'envoler dans un passage à l'emphase proche du sublime, « Totem Of A Pagan Thought »). Mais Eye Of Solitude connaît aussi l'importance du calme qui annonce la tempête, ménageant de nombreux passages atmosphériques ponctués de quelques notes de piano comme la pluie sur la terre sèche (« Awoken By Crows » à 1'41, « Strigoi » à 1'46, « Depths Of A Sick Mind » à 1'09), de guitares claires (le break basse et guitare à 3'42 sur « The Haunting »), n'hésitant pas à laisser s'étendre ces moments d'accalmie où l'on ne sait trop si l'on doit pleurer, sourire ou trembler. Mais quand bien même quelques rares passages nous laissent entrevoir le soleil à travers les nuages, c'est un vent de désenchantement qui souffle inexorablement durant ce voyage de soixante douze minutes bizarrement aussi éprouvant que reposant. N'occultons pas toutefois, malgré sa facette mélodique/atmosphérique/désespérée, l'une des grandes forces de « Sui Caedere » : la puissance.

A vrai dire avant de découvrir Eye Of Solitude je ne pensais pas qu'un groupe de doom pouvait dégager autant de puissance; c'est pourtant le premier sentiment qui m'est venu à l'esprit lors de l'écoute de cette galette. Et ici la puissance a un nom : Daniel Neagoe. Le frontman (officiant également au sein des brutes de Unfathomable Ruination) possède un growl hallucinant parfois à la limite du pig squeal (« Performed In Graphic Pain »), d'une puissance, d'une profondeur et pourtant d'une sensibilité incroyables. Il se place tout simplement pour moi parmi les meilleurs vocalistes de metal actuel. Puissance également dans le jeu de batterie d' Ewan Ross (Trifixion) - récemment remplacé par Adriano Ferraro. Pourtant peu habitué à de tels excès de lenteur, j'ai été soufflé par sa frappe sèche et juste, ses rafales de double pédale opportunes et même quelques blasts vicieux (« Totem Of A Pagan Thought ») rappelant que Eye Of Solitude sait, quand il le souhaite, donner une couleur plus death à sa musique (le début de « Strigoi », « Depths Of A Sick Mind » à 2'43).

« Sui Caedere » est, vous l'avez compris, une grosse claque froide et douloureuse mais de ces douleurs qui font du bien et qui vous rappellent que vous êtes vivant. Sinistre mais parfois lumineux, atmosphérique mais terriblement terre à terre, puissant tout autant que paisible... Même si le chemin est long (plus d'une heure), le voyage en vaut clairement le coup. Eye Of Solitude vient de sortir l'album qui est sans conteste mon plus gros coup de coeur depuis ce début d'année et trônera sur le podium quand sera venue l'heure du bilan. Ne passez pas à côté de ce monument.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

7 COMMENTAIRE(S)

Deathcrumble citer
Deathcrumble
03/12/2012 20:32
note: 8.5/10
Waoh super bonne découverte ! Moi non plus, jpensais jamais (enfin pas tout de suite) écouter un album de doom et trouver ca super ! Tout a fait d'accord sur la puissance, je pense que c'est cqui m'a fait accrocher au groupe, étant un gros fan d'Unfathomable Ruination. Bref bon disque, que jpense acheter très bientot ! Et peut etre dans mon top 5 de l'année en fait.
Invité citer
SchuuultZ
14/09/2012 16:13
J'ai rencontré le claviériste (qui bosse, ceci dit, dans un hôtel) à Londres dernièrement. Je ne connaissais pas le groupe et je peux dire que ce fut une très belle surprise.
On en entendra encore parler de ces p'tits gars Clin d'oeil
Dead citer
Dead
09/09/2012 19:24
Gros souci au niveau de la base de données. Heureusement, les commentaires intéressants n'ont pas été perdus.

Au passage, si vous avez des comptes à régler, vous pouvez utiliser les MP ou éventuellement aller boire un verre.
Mitch citer
Mitch
09/09/2012 15:18
note: 8/10
Très bonne découverte (et chronique), j'allais justement le chroniquer en rentrant de vacances... Tu m'évites tous ces louanges ! Mr Green
gulo gulo citer
gulo gulo
09/09/2012 10:44
note: 1/10
j'ai essayé, quand la chro est parue, mais c'est je crois assez typiquement le genre de doom que j'aime pas, un peu gros bras mais pas tout à fait assez, un peu trop bien peigné
Niktareum citer
Niktareum
07/09/2012 09:37
note: 9/10
By the way, l'album est écoutable dans son intégralité sur le bandcamp de Kaotoxin.
von_yaourt citer
von_yaourt
05/09/2012 23:04
Tout ça me donne envie de chroniquer du doom/death.

Sinon je trouve ça pas mal, mais un peu lent.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Eye Of Solitude
Brutal Funeral Doom
2012 - Kaotoxin Records
notes
Chroniqueur : 9/10
Lecteurs : (4)  6.13/10
Webzines : (13)  7.37/10

plus d'infos sur
Eye Of Solitude
Eye Of Solitude
Brutal Funeral Doom Death - 2010 - Royaume-Uni
  

tracklist
01.   Awoken by Crows
02.   The Haunting
03.   Strigoi
04.   A Note to Say Farewell
05.   Depths of a Sick Mind
06.   Those Who Don't Return
07.   Performed in Graphic Pain
08.   Totem of a Pagan Thought
09.   Yet I Breathe
10.   Departure

Durée : 72'47

line up
parution
25 Juin 2012

voir aussi
Eye Of Solitude
Eye Of Solitude
The Deceit (EP)

2013 - Kaotoxin Records
  
Eye Of Solitude
Eye Of Solitude
Canto III

2013 - Kaotoxin Records
  

High Priest of Saturn
Son of Earth and Sky
Lire la chronique
20th Anniversary
Celeste + Ways.
Lire le live report
Self Hypnosis
Contagion of Despair
Lire la chronique
His Hero Is Gone
Fifteen Covnts of Arson
Lire la chronique
Sad Whisperings
The Hermit
Lire la chronique
Live Report Tanork - Skelethal
Lire le podcast
Live Report Esodic - Anthares
Lire le podcast
Ernte
Der schwarzen Flamme Vermäc...
Lire la chronique
The Gates Of Slumber
Stormcrow (EP)
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Février 2026
Jouer à la Photo mystère
The Gates Of Slumber
Hymns Of Blood And Thunder
Lire la chronique
The Body
I Shall Die Here
Lire la chronique
Exxûl
Sealed Into None
Lire la chronique
Barabbas
La Mort Appelle Tous Les Vi...
Lire la chronique
Innumerable Forms
Pain Effulgence
Lire la chronique
Bilan 2025
Lire le bilan
La photo mystère du 16 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Castle Rat
The Bestiary
Lire la chronique
Buried Souls
Here Comes the Void (EP)
Lire la chronique
Filthcrawl / Peine Kapital
Split (Split-tape)
Lire la chronique
Caronte
Spiritus
Lire la chronique
The Body
All The Waters Of The Earth...
Lire la chronique
Various Artists
Judgment Night (Music From ...
Lire la chronique
Gloombound
Dreaming Delusion
Lire la chronique
16
Deep Cuts From Dark Clouds
Lire la chronique
Big Business
Mind the Drift
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Lychgate
Precipice
Lire la chronique
Baikal
Baikal
Lire la chronique
Fossilization
Leprous Daylight
Lire la chronique
Author & Punisher
Nocturnal Birding
Lire la chronique