Si la chronique de ce nouvel album de Machine Head sorti début 2018 chez Nuclear Blast a tant tardé, c'est avant tout en raison d'interrogations quant à son utilité. En parler ou ne pas en parler, telle est la question. Tirer sur une ambulance, tout ça ... Pourquoi perdre mon temps précieux à continuer d'écouter ce qui s'avère, n'ayons pas peur des mots, un bon gros étron, et à le chroniquer ? Ça va me prendre plusieurs heures que je pourrais utiliser pour faire des choses bien plus intéressantes comme éplucher les patates, ramasser les feuilles dans le jardin, passer l'aspirateur ou regarder BFM TV. Pourquoi s'acharner sur un groupe qui a tant compté au début de mon parcours de metalhead ? Et puis si, on va le faire. Ça fait du bien de se défouler après tout, surtout sur ses anciens amours. Alors mon Robb, je te préviens, tu vas prendre cher mais tu l'as bien mérité ! Ça fera en plus une autre ligne sur la longue liste des déceptions de l'année.
Quoique de déception,
Catharsis n'en est pas vraiment une. Ce four, tout le monde l'avait vu venir, c'était gros comme une maison. Depuis l'excellentissime
The Blackening, Machine Head n'a fait que décliner. Il y a d'abord eu
Unto the Locust qui faisait redescendre le combo californien d'un bon cran mais restait tout de même très correct. Le fossé est vraiment apparu sur le très pâle
Bloodstone & Diamonds qui nous présentait un groupe en panne d'inspiration. Quelques lueurs d'espoir subsistaient encore, toutefois, en fouillant un peu. Je n'y croyais néanmoins pas du tout pour ce nouvel album. Et en effet,
Catharsis, c'est pareil mais sans les lueurs d'espoir.
Cela commençait de toute façon bien mal avec cette pochette immonde digne des pires groupes de néo metal ou de metalcore. Il fallait voir ça comme un signe annonciateur en fait. L'emballage ne mentait pas sur la marchandise. Machine Head a eu la gentillesse de nous avertir. Nous avertir que Robb Flynn et ses pauvres soldats ont replongé vingt ans en arrière quand Machine Head passait d'un groupe de power/thrash musclé et rageur à un combo opportuniste de groove/néo. Sauf que
The Burning Red et
Supercharger, à côté, ce sont des chefs d'œuvre ! Le processus de découillification atteint ici son apogée. Machine Head n'a jamais sonné aussi mou, niais, plat, commercial, peu inspiré, vide. 90% des riffs s'avèrent d'une nullité affligeante. On trouve plus ici de mauvais riffs néo metal simplistes ou de pseudo-mosh parts metalcore saccadées que de riffs thrash et mélodiques. Les rares mélodies se font en plus souvent d'une niaiserie à vomir. Où sont donc passés le feeling et le talent des guitaristes ?! Merde, Robb Flynn et Phil Demmel, ce n'était pas n'importe qui fut un temps !? Cela dit, le coupable tout désigné reste le seul maître à bord, Robb Flynn. Non seulement il commet les mêmes erreurs que par le passé alors qu'il semblait avoir compris la leçon en revenant avec le très bon
Through the Ashes of Empires, mais il arrive à faire encore pire. Et vous savez ce qu'il y a de plus mauvais encore que son jeu de guitare d'une pauvreté hallucinante ? Son chant. Je regrettais déjà l'usage du chant clair systématique sur le disque précédent tout en reconnaissant que le frontman pouvait encore avoir du coffre. Sur
Catharsis, le bonhomme semble avoir perdu toute hargne. Les rares fois où il s'énerve, ça manque cruellement de puissance, d'envie, de conviction ou tout simplement d'inspiration ("Beyond the Pale, "California Bleeding"). Quant au chant clair, Flynn n'a jamais été le meilleur chanteur de l'Histoire mais il arrivait tout de même à séduire, toucher et convaincre en véhiculant des émotions. Il gave ici l'album d'encore davantage de chant clair et on tombe bien souvent dans la mièvrerie la plus totale, sur les refrains ("Volatile", "Catharsis", "California Bleeding, "Behind a Mask" ...) et même des couplets entiers ("Catharsis", "Screaming at the Sun" ...). Le titre le plus "facepalm" étant celui de clôture, "Eulogy", 6'30 de murmures plaintifs sur une "musique" minimaliste après s'être déjà farci quatorze autres morceaux alternant souvent entre le chiant et le risible. Quand il n'essaye pas de choper du public d'ados pré-pubères par du chant clair mielleux sur les refrains ou des vocaux hurlés faussement rebelles, Robb Flynn aime aussi marmonner. L'âge sans doute. Qu'est-ce que c'est énervant en tout cas ! Il se prend même pour un djeuns sur "Triple Beam" en nous sortant... du rap ! Sur des grattes néo-metal. Un moment des plus embarrassants mais bon, ce n'est pas comme si c'était le seul ! Non mais t'as quel âge, mec ?! Tu nous fais la crise de la cinquantaine ou quoi ?! Tu traînes trop avec Corey Taylor à mon avis ! On n'a qu'une envie, lui coller une baffe et lui dire de la fermer une bonne fois pour toute ! Juste insupportable !
D'autant que
Catharsis souffre d'un problème majeur étant donné sa pauvreté musicale, ses lignes de chant pathétiques et son retour dans un passé que l'on pensait enterré à tout jamais. Sa durée. Machine Head a réussi à faire encore plus long que
Bloodstone & Diamonds. Quasiment 1h15 répartis sur quinze morceaux qui semblent ne jamais finir ! Interminable ! De quoi gratifier l'œuvre du titre de purge intersidérale ? Oui, on peut y aller ! Même si j'ai quand même pu relever quelques moments moins gênants qui, à défaut d'être vraiment géniaux, relèvent un minimum le niveau dans cet océan de médiocrité. D'où un 3/10 très gentil de ma part car le zéro pointé aurait pu tout aussi bien faire l'affaire tant l'opus fait pitié. Sur les quinze compositions, quatre s'avèrent en fait à peu près acceptables. Pour ça, il faudra attendre la sixième piste "Kaleidoscope". Malgré les clappements de mains ridicules en intro, les syncopes faciles et les bruitages inutiles, ce morceau passe plutôt bien et s'avère même le moins mauvais avec enfin du chant et un refrain pas trop mal ainsi qu'un riff thrashy entraînant et efficace. Les deux titres suivants s'avèrent aussi convenables, toujours par comparaison aux bouses d'à côté. "Bastards", même si on se tape encore un peu de niaiseries notamment en intro avec une petite mélodie bien mièvre et de la guitare acoustique, se révèle plutôt intéressant. Sur un chant quasiment parlé pour une fois convaincant, Flynn s'adresse à ses fils. Ça dégouline de bons sentiments dans les paroles mais ça s'écoute plutôt bien. "Hope Begets Hope" à la suite n'échappe pas non plus aux défauts habituels mais se montre suffisamment efficace pour qu'on le retienne. Dommage que les deux pistes suivantes fassent retomber le soufflé, déjà pas monté très haut. "Heavy Lies the Crown", en dépit d'un début plan-plan avec piano, violon et intensité dramatique peu convaincante ainsi que d'une mélodie pop dégueulasse à 6'51 plus une durée excessive, viendra remonter le niveau. Un peu plus dans le détail, certains passages se démarquent du désastre ambiant comme ce gros breakdown à la "Davidian" qui fait trembler les murs à 2'22 sur "Volatile", ce riff thrashy de "Catharis" à 1'17, la lead mélodique sur une basse bien présente à 2'48 sur "Beyond the Pale", le riff et la rythmique un peu punky sur "Kaleidoscope", le riff plombé légèrement mélodique au démarrage de "Hope Begets Hope" ou l'esprit enfin bien thrash qui envoie sur "Heavy Lies the Crown" à 5'37. Les solos ne sont pas non plus ce qu'il y a de pire ("Volatile", "Catharsis", "Beyond the Pale", "California Bleeding", "Hope Begets Hope", "Behind a Mask" en acoustique, "Heavy Lies the Crown"), plutôt dans un esprit à l'ancienne en plus. Ce qui m'amène à mentionner certains riffs thrash old-school qui surprennent vu la direction artistique de ce
Catharsis mais qui font du bien. Si ce n'est pas non plus un retour à Vio-Lence, on note ainsi quelques saveurs à la Megadeth bienvenues sur "Heavy Lies the Crown" (2'48, 3'39) et "Psychotic" (2'25).
Voilà, c'était histoire de dire quelques trucs positifs. Ça change la note de quelques points en évitant un zéro qu'ils auraient pourtant bien mérité sur le principe. Parce que ça ne change pas la triste impression globale laissée par ce
Catharsis honteux qui se transforme vite en calvaire pour l'auditeur. Un véritable chemin de croix qui inspire peine et pitié pour un groupe autrefois culte qui avait su rebondir après une période de disette. À croire que les Américains ont la mémoire courte car ils refont ici les mêmes erreurs, décuplées qui plus est. Ce retour à un son néo metal aux riffs puériles, ce chant mièvre, ces mélodies niaises nous montrent un groupe à côté de la plaque qui s'est complètement perdu, mené par un Robb Flynn à la ramasse tombé bien bas. Voilà le plus mauvais album de Machine Head, et de loin ! La version digipak comporte un DVD live que je n'ai même pas fait l'effort de regarder tant la colère ne redescend pas. Et quand on apprend il y a quelque temps que Phil Demmel et Dave McClain quittent le navire qui ressemble de plus en plus à un Titanic en puissance, on se dit que ça sent grave le sapin chez Machine Head. Robb, tu crois pas qu'il faudrait arrêter les frais, là ?!
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